Prénoms bretons

Manon et Théo ont été, en 2002, les prénoms les plus donnés en Bretagne et en France. Avec Lucas et Léa qui l’emportent dans le pays. Mais les prénoms d’origine bretonne gagnent du terrain, révèle l’Insee Bretagne.

Au milieu du siècle dernier les prénoms bretons étaient peu fréquents en Bretagne. Comme dans l’ensemble de la France, Marie pour les filles et Jean pour les garçons étaient, de très loin, les plus attribués.

En 1950, seulement 3 % des enfants nés cette année-là en Bretagne s’étaient vus attribuer un prénom d’origine bretonne. En 2002, sur 37.000 enfants nés en Bretagne, plus de 5.000, soit 14 %, portent un prénom breton. Un mouvement qui a véritablement commencé au début des années 1970 et que l’Insee explique par le souhait « d’inscrire ses origines régionales dans son identité ».

Ewen et Enora au hit-parade

Au hit-parade des prénoms bretons masculins, Ewen, Killian et Maël sont les plus plébiscités. Et chez les filles, les préférences des parents vont à Enora, Lena et Nolwenn. Si la motivation identitaire est importante, elle n’est pas la seule. La vogue des prénoms bretons répond aussi, comme le souligne l’Insee, à un besoin de « désignation individualisée » et à une recherche d’originalité dans une société où la volonté d’autonomie a pris le pas sur le sens du collectif.

Ce qui explique aussi la diversification croissante des prénoms. Fini le temps où, comme dans les années 1960, Nathalie et Philippe dominaient largement. Aujourd’hui, les prénoms les plus donnés ne représentent qu’une toute petite partie des nouveau-nés. Théo et Manon, les deux prénoms les plus fréquemment attribués en Bretagne, ne concernent que 2 % des nouveau-nés. Même constat pour Lucas et Léa qui sont les plus choisis dans 11 régions sur 22.

Cette évolution est confirmée par le nombre de prénoms qui a fortement cru au cours de ces 20 dernières années, passant de 2.300 à 4.400. Dans le même temps, le nombre moyen d’enfants portant un même prénom a chuté de 15 à 8. « Les vagues de prénoms en vogue se sont brisées, laissant la place à une pluie de prénoms épars », constate joliment l’Insee.

De plus en plus courts

Autre phénomène : les prénoms les plus attribués sont de plus en plus courts. Ils sont d’ailleurs souvent les diminutifs de prénoms anciens (Alex, Léo, Emma, Lou...). De 1952 à 2002 la taille moyenne d’un prénom masculin est passée de 6,5 lettres à 5,9. Pour les prénoms féminins, la réduction de leur longueur est encore plus forte, de 7,8 à 6,1. Fort logiquement, les prénoms composés font les frais de cette tendance au raccourcissement. Leur nombre s’est même quasiment effondré. Avec la possibilité bientôt offerte d’accoler les noms du père et de la mère, ce ne sont sans doute pas les services d’état civil qui s’en plaindront.

4.400 prénoms à la loupe

Sur les 4.400 prénoms attribués en 2002 en Bretagne, 2.600 ne l'ont été qu'une seule fois, soit 60 % des prénoms pour seulement 7 % des enfants. La proportion d'enfants portant un prénom unique, c'est-à-dire attribué une seule fois dans la région au cours de l'année, a doublé au cours de ces 20 dernières années, passant de 3,5 % à 7 %. A peine 37 prénoms suffisent à nommer un quart des enfants nés en 2002. Ces enfants là portent des prénoms en vogue. Un prénom pour 248 enfants en moyenne. Les classements des prénoms par région sont assez proches.
Celui de la Bretagne est très voisin du classement national : on trouve huit prénoms identiques parmi les 10 premiers masculins (Théo, Hugo, Lucas, Thomas, Antoine, Maxime, Enzo et Clément) et sept parmi les dix premiers féminins (Manon, Léa, Chloé, Emma, Camille, Marie et Océane). La Bretagne est la seule région où Manon a dépassé Léa en 2002 mais les différences de scores sont minimes. Par contre, Théo se retrouve en tête dans sept autres régions.

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En ligne 264 visiteurs / 0 membre - Mis à jour le mardi 6 janvier 2009

Crédits : Réalisation Le Studio T sous eZ publish
Photo (panoramique fond de page) : Christophe ALLAIN