Camping hôtellerie de plein air
Ringard le camping ? Vous rigolez, il n'y a rien de plus tendance. Il faut dire qu'ils sont devenus, pour la plupart, très confortables. Les professionnels des campings bretons, comme tous les autres, ont fait d'énormes efforts de modernisation.
Du coup, les tarifs de l' hôtellerie de plein air - comme on dit maintenant - ont fait un bond. Mais c'est l'un des grands avantages du camping : la diversité de son offre le rend accessible à tous les budgets. Ecolo, pour les pêcheurs, à la ferme, dans les arbres, au bord d'un lac, de la mer... il y en a, en effet, pour les goûts et à partir d'aujourd'hui, Le Télégramme lance une série consacrée à ces nombreux campings de Bretagne au charme particulier ou qui proposent des activités sortant de l'ordinaire. L'occasion également de constater que ce premier mode d ' hébergement touristique marchand en France a su évoluer et rester à la mode.
Peut-être que les nostalgiques de la tente Maréchal d'antan n'y trouvent pas leur compte, mais c'est ainsi : le camping breton a beaucoup évolué ces dernières années. Un petit bureau d'accueil et quelques spartiates sanitaires ne font plus l'affaire. Alors les professionnels se sont mis à investir pour conquérir ou reconquérir une clientèle de plus en plus exigeante et les mobil-homes ont peu à peu grignoté l'espace des tentes. Le camping en Bretagne, qui abrite à peu près 10 % de la capacité française, n'a pas échappé à cette évolution. Pour preuve, ce sont surtout les campings trois étoiles qui, dans la région, ont accru leur offre ces dernières années même si les deux étoiles restent, de loin, les plus nombreux.
Une clientèle satisfaite
Juste deux ou trois chiffres : sur les 1.575 emplacements nouveaux recensés, l'année dernière, en Bretagne, 1.396 se trouvaient dans des campings trois étoiles. Dans le même temps, le nombre de campings municipaux est en baisse. Ils représentent aujourd'hui, en gros, 25 % des emplacements français contre plus de 33 % il y a 15 ans. Cet effort de modernisation de l' hôtellerie de plein air bretonne s'est également traduit par la création, à l'initiative de la chambre régionale de commerce, d'un vrai label de qualité (« camping qualité Bretagne »). Une centaine d'établissements l'ont obtenu, soit, grosso modo, un sur dix. Il doit permettre aussi au campeur de choisir plus facilement le type de camping dans lequel il souhaite séjourner, entre ceux qui privilégient la détente, le calme ou l'animation. Une enquête réalisée en 2000, à la demande de la chambre régionale, a permis de mieux cerner la clientèle des campings bretons et ses attentes. Elle confirme que toutes les classes sociales les fréquentent. Quatre clients sur dix appartiennent aux classes moyennes et un gros tiers aux classes populaires. Des clients qui, en général, se disent satisfaits par la qualité de l'accueil et le rapport qualité-prix mais qui jugent les espaces de loisirs et les services de restauration un peu légers.
Prix. Une très large fourchette
Chers ou pas chers, les campings ? Pas facile de répondre à cette question. Lourds investissements obligent, leurs tarifs ont plutôt augmenté ces dernières années. Mais en ce domaine comme dans d'autres, il faut comparer ce qui est comparable. Une certitude cependant : plus vous vous dirigez vers le sud et plus les prix sont élevés. « Il y a encore quelques années, on ne payait pas plus de 150 ? la semaine en juin. Aujourd'hui, même les emplacements simples commencent à devenir hors de prix ». Ce « coup de gueule » d'un internaute sur le forum du premier portail de l'hôtellerie de plein air témoigne d'un sentiment assez largement partagé - à tort ou à raison - que le camping n'est plus aussi bon marché qu'avant. Qu'en est-il exactement ? Notre propos n'est pas ici de confirmer ou d'infirmer cette impression mais, en donnant quelques exemples de prix pratiqués ici où là, de se faire une idée la plus précise possible de ce que coûte vraiment une semaine de vacances dans un camping, en fonction de sa catégorie.
Tout dépend de la situation
Première chose à savoir : pour un même nombre d'étoiles, les prix peuvent varier très sensiblement. Tout dépend de la situation du camping. Plus on se dirige vers le sud de la Bretagne, plus les tarifs augmentent. Ainsi, un emplacement dans un camping trois étoiles à Landéda, dans le Nord-Finistère, revient, pour un couple avec deux enfants de moins de sept ans, à 17,40 ? la nuitée (voiture comprise). Pour un camping dans le Morbihan de même catégorie , à Plouharnel, près de Carnac, cette famille devra débourser 23 ?. Si les enfants ont plus de sept ans, il en coûtera 20,40 ? dans le premier et 27,10 ? dans le second. Ces tarifs ne prennent pas en compte le branchement électrique (2,50 ? à Landéda contre 2,80 à Plouharnel), ni la taxe de séjour (0,20 ? à Landéda contre 0,45 ? à Plouharnel), ni la présence d'un animal. Logiquement, les campings bretagne deux étoiles sont moins chers que les trois étoiles. Mais cette vérité n'est valable que pour des campings situés dans une même zone. Un deux étoiles dans le Morbihan est au moins souvent aussi cher qu'un trois dans le Nord-Finistère ou le Sud-Finistère. Au camping de la Plage, à Guidel (deux étoiles), un couple avec deux enfants de plus de sept ans devra débourser 23,30 ? contre 20,40 ? au camping des Abers, à Landéda.
Mobil-home : jusqu'à plus de 600 ? la semaine
Des prix qui n'ont toutefois rien de comparables avec les quatre étoiles. Au camping de La Pommeraie à Trégunc (Sud Finistère), un couple avec deux enfants de plus de sept ans devra débourser 37,70 ? par nuit, sans compter le branchement électrique et la taxe de séjour. Mais les prestations et le confort sont évidemment d'un autre niveau. Ce qui vaut pour les emplacements vaut aussi pour les mobil-homes. Dans le trois étoiles de Plouharnel, un mobil-home pour quatre personnes, en haute saison, revient à 525 ? la semaine. A Landéda, il en coûtera 470 ?. A Guidel, dans le deux étoiles, les prix vont de 450 à 550 ?. Au camping de La Pommeraie, à Trégunc, il faudra débourser 630 ? pour un type 4 en août. Pour dépenser moins, il reste les campings municipaux, de moins en moins nombreux toutefois. A Quiberon (56), il en existe deux, des deux étoiles. Dans le moins cher, il en coûtera 16,90 ? la nuit au couple avec deux enfants de plus de sept ans.
« Le camping a toujours été à la mode »
Le Morbihannais Yves Le Floch est le président de l'Union bretonne de l' hôtellerie de plein air. « Un métier qui, dit-il, a beaucoup évolué ».
On dit que le camping revient à la mode. Est-ce aussi votre constat ?
Le camping en Bretagne a toujours été à la mode. Mais c'est comme toutes les modes, elles évoluent et le camping a évolué pour répondre aux demandes de la clientèle. Il y a un demi-siècle, c'était la tente et les gens venaient en train. Et puis, il y a eu la caravane et aujourd'hui, c'est le mobil-home. Il y a une demande vers toujours plus de confort. Maintenant, quand les gens arrivent, tout doit être prêt.
C'est un métier qui a terriblement évolué mais le camping a gardé son esprit, sa convivialité. En Bretagne, les mobil-homes représentent, en moyenne, 20 à 25 % des emplacements. C'est plus faible, par exemple, que dans les Pays-de-la-Loire ou en Provence-Alpes-Côtes-d'Azur. Mais quand vous êtes dans un camping, en mobil-home ou pas, vous êtes obligé de dire bonjour, vous avez des gens en face de vous. Le mobil-home apporte plus de confort mais il n'a pas tué ce qui en fait son charme. Dans un camping, les classes sociales sont gommées.
Parlons des prix. Camper, c'est quand même devenu assez cher si on veut du confort. Entre 500 et 700 € la semaine en mobil-home, en haute saison, ce n'est pas donné ?
C'est un moyen d'hébergement qui reste abordable. Il y en a pour tous les budgets et pour tous les goûts. Mais c'est vrai que le mobil-home est cher. Ce n'est pas le tout de l'acheter, il faut le faire fonctionner. Il ne faut pas oublier que nous sommes en France : on a autre chose à vendre que des prix bas. Si on raisonne uniquement sur le prix, ce n'est pas la peine de se lever le matin. Il faut travailler sur le rapport qualité-prix, sur l'accueil, la propreté et l'environnement. Quand le service est de qualité, les gens paient mais il faut assurer ce service du matin au soir et du soir au matin.
photos Camping Ty Nadan





